Nouvelle Lettre Circulaire 26/1 du CAA
Ce que cela change pour vous, Courtiers
Le Commissariat aux Assurances a publié la Lettre Circulaire 26/1, entrée en vigueur le 1er février 2026.
Ce texte remplace la LC 15/3 et encadre les règles d’investissement applicables aux produits d’assurance-vie liés à des fonds d’investissement.
Au-delà des évolutions techniques, cette nouvelle circulaire a un impact opérationnel direct pour les Courtiers.
Voici les points essentiels à retenir.
1️. Marché cible & analyse des besoins : vigilance renforcée
Le CAA rappelle explicitement ses attentes en matière de Product Oversight & Governance (POG)
Concrètement pour vous :
- L’analyse des besoins du client doit être formalisée, cohérente et documentée.
- Le niveau de complexité du produit doit être évalué en amont.
- Plus un produit est complexe (notamment avec produits structurés), plus le marché cible doit être granulaire et précisément défini.
- La définition d’un marché cible négatif est recommandée — et obligatoire pour certains produits structurés.
=>Vous devez pouvoir démontrer la cohérence entre :
- le profil patrimonial du client,
- son horizon d’investissement,
- sa tolérance au risque,
- et le produit proposé.
La traçabilité documentaire reste un enjeu clé.
2️. Produits structurés : ouverture mais encadrement strict
Grande nouveauté : possibilité d’investissement direct en produits structurés
La circulaire distingue :
- les produits structurés à garanties renforcées,
- les produits structurés sans garanties renforcées
Ce que cela implique :
- Vérification du rating de l’émetteur.
- Respect des limites d’investissement par contrat.
- Accord explicite du client si exposition indirecte à des fonds alternatifs.
- Interdiction pour certains profils (ex : catégorie N) d’accéder à certains produits liés à des taux de référence.
=> Pour vous :
Cela élargit l’offre mais augmente votre responsabilité pédagogique.
L’explication des mécanismes et des risques doit être claire, écrite et conservée.
3️. Fonds Internes Collectifs (A, B, C, D) : plus de souplesse
Le texte renforce l’attractivité des FIC A/B/C/D
Ces fonds conservent leur nature collective mais bénéficient :
- d’une simplification opérationnelle,
- d’une plus grande souplesse,
- et d’un positionnement intermédiaire entre FIC N et Fonds Internes Dédiés.
=> Pour les Courtiers :
Vous disposez désormais d’une solution plus sophistiquée pour clientèle patrimoniale, sans aller nécessairement vers un FID.
C’est une opportunité commerciale, mais elle suppose :
- une bonne compréhension des catégories de preneurs (A, B, C, D)
- une vérification du niveau de fortune déclaré,
- un respect strict des seuils.
4️. Protection pour fonds alternatifs & immobiliers
Avant tout investissement dans :
- fonds alternatifs,
- fonds de fonds alternatifs,
- fonds immobiliers,
un accord explicite du client est requis, après remise d’une notice de risques spécifique
=> Cela implique :
- preuve de remise de l’information,
- document contresigné,
- conservation au dossier.
La logique est claire : sophistication = transparence renforcée.
5️. Information client : exigence accrue
La circulaire détaille précisément les informations à remettre :
- politique d’investissement,
- historique de performance,
- profil de risque,
- modalités de rachat,
- accès aux prospectus ou KID
=> Pour les Courtiers :
La documentation contractuelle et précontractuelle doit être cohérente et complète.
Les obligations d’information sont plus que simplement formelles : elles doivent être démontrables.
Ce qu’il faut retenir pour votre pratique
– Plus d’opportunités commerciales (produits structurés, FIC A/B/C/D).
– Plus de souplesse pour la clientèle patrimoniale.
– Mais une exigence accrue en matière de traçabilité, cohérence et justification du conseil.
La LC 26/1 vise à maintenir la compétitivité du secteur luxembourgeois tout en renforçant la protection des preneurs
Recommandation APCAL
Nous invitons nos Membres à :
- Revoir leurs process d’analyse des besoins et de marché cible.
- Vérifier l’alignement de leur documentation commerciale.
- Sensibiliser leurs équipes aux nouvelles règles applicables aux produits structurés.
- Mettre à jour leur dispositif de distribution (POG).
Finalement, l’APCAL rappelle à ses Membres qu’ils doivent remettre une attestation d’adéquation du produit distribué aux besoins et nécessités du souscripteur.
Cette obligation va au-delà des seuls aspects financiers du contrat : il demeure en effet fondamental de comprendre le produit dans son ensemble, y compris les investissements sous-jacents qui le composent.
S’agissant des arbitrages éventuels d’un support d’investissement vers un autre, l’APCAL rappelle aussi l’article 9.7 du Règlement UE 2017/2359 POG qui impose que les intermédiaires « se procurent également les informations nécessaires sur les actifs d’investissement sous-jacents existants du client et sur les nouveaux actifs d’investissement recommandés, et procèdent à une analyse des coûts et des avantages escomptés de ce changement de manière à pouvoir raisonnablement démontrer que les avantages attendus sont supérieurs aux coûts. »
Pour aller plus loin
l’APCAL propose une formation spécifique « LC 26/1 : Opportunités et rappel des points de vigilance » présentée par Jerôme Maurice sur la LC 26/1 qui est planifiée le 29 avril 2026 de 10.00 à 12.00. Vous pouvez d’ores et déjà vous y inscrire en cliquant ici
L’APCAL reste bien sûr à votre disposition pour vous accompagner dans la compréhension opérationnelle de ces évolutions.
En annexe LC 26/01





















